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Pourquoi la Suède fabrique autant de startups


En dix ans, Stockholm est devenue un véritable vivier de startups dont certaines connaissent des succès fulgurants, à l’image de Spotify ou de King, l’éditeur du jeu vidéo Candy Crush. D’où vient une telle ébullition ? Des experts et CEO nous livrent les ingrédients de la recette suédoise.

Skype, Spotify mais aussi Mojang, créateur de Minecraft, ou encore King, le père de Candy Crush : aujourd’hui mondialement connues, ces licornes – des startups non cotées valorisées à plus d’un milliard de dollars – sont nées en Suède. Des success stories qui, rapportées au nombre d’habitants, font de ce ”petit” pays la deuxième région créatrice de licornes au monde après la Silicon Valley, selon une étude du fonds d’investissement Atomico.

D’après les experts, plusieurs raisons, culturelles, économiques et géographiques, expliquent ce mouvement qui prend de l’ampleur depuis une dizaine d’années. Si certains facteurs sont inhérents à la Suède, d’autres pourraient inspirer les acteurs de la French Tech.

Skype, Spotify, les créateurs de Minecraft et de Candy Crush… Autant de succès de startups suédoises devenues des « licornes ». Quel est le secret des Suédois ?

1. Une appétence pour la tech, et pour l’innovation en général

Alors que la Suède est aujourd’hui l’un des pays les plus connectés au monde, cet engouement pour les nouvelles technologies a été encouragé par l’Etat il y a de cela vingt ans : “le gouvernement a mis en place un système qui permettait aux gens d’acheter un ordinateur en en déduisant progressivement le prix sur leur salaire. C’est comme ça que les ordinateurs sont entrés dans les maisons !” raconte Thomas Hartwig, cofondateur et CTO de King, le studio de développement du célèbre jeu Candy Crush. “Par ailleurs, l’Etat a aidé les entreprises à développer la connexion rapide dans tout le pays, à Stockholm comme dans les villages reculés du Nord, ce qui a poussé tout le monde à utiliser Internet”.

Au-delà de cette appétence pour la tech, les Suédois sont globalement attirés par les nouvelles tendances – une caractéristique que certains attribuent à la tradition du design suédois et à des fleurons industriels innovants et reconnus comme Volvo et Ericsson. Toujours est-il que cette culture d’”early adopters” est bien connue des multinationales, notamment dans le domaine de la grande consommation. Ce n’est pas pour rien que la Suède a été l’un des premiers pays où a été lancé Netflix !

2. Un petit pays où l’on parle anglais

Si la Suède peut représenter un marché test intéressant pour démarrer un business, les 10 millions d’habitants qui la peuplent ne suffisent pas aux startups en quête de croissance. Mais être un petit pays ne constitue pas un handicap, au contraire : “cela pousse les créateurs de startup à penser global dès le départ”, indique Daniel Sonesson, CEO de Sup 46, une structure qui se veut à la fois un hub et un espace de coworking. Soucieux “d’aider les startups à grandir plus vite”, son credo est on ne peut plus clair : “si votre idée est locale, vous mourrez”.

De plus, l’anglais étant en Suède quasiment une seconde langue, cela facilite grandement l’accès à des investisseurs ou des marchés internationaux : faire un pitch en anglais ne pose de problème à personne !

3. Bienveillance et filet de sécurité pour les entrepreneurs

Loin d’être vu d’un mauvais œil comme c’est parfois le cas en France, l’échec est considéré comme quelque chose de normal en Suède : “on sait qu’il faut essayer deux ou trois fois avant de réussir”, témoigne Aoife Houlihan, vice-présidente communications de Klarna, une autre licorne suédoise qui a développé un système de paiement en ligne. “L’important, c’est d’essayer : voilà l’idée qui sous-tend notre culture de l’entrepreneuriat”.

En outre, le système social constitue une soupape de sécurité pour ceux qui souhaitent se lancer car ils pourront bénéficier d’aides en cas d’échec. “Si tu te lances mais que tu te plantes, tu sais que tu ne seras pas à la rue”, résume Thomas Hartwig de King.

4. Un cercle vertueux

Dans les locaux de Sup 46, une galerie de portraits montre les visages des précurseurs : les fondateurs de Skype, Spotify, Mojang… “Who’s next ?” interroge un cadre vide, incitant les jeunes entrepreneurs à viser haut et croire en leur rêve.
“Devenir millionnaire en lançant sa startup n’est plus quelque chose de mystique en Suède : à défaut d’être commun, c’est concret, observe Christoffer Norman, gestionnaire d’investissement chez Northzone, un fonds de capital risque nordique. Désormais, Stockholm attire de nombreux investisseurs internationaux”.

Enfin, les jeunes pousses peuvent bénéficier de l’expérience des plus anciens : “Stockholm est une petite ville dans laquelle il est facile réseauter, souligne Aoife Houlihan de Klarna. Beaucoup de nos salariés sont sollicités pour donner des conseils et jouent le rôle de mentors de manière informelle. Par ailleurs, certains quittent l’entreprise après quelques années pour monter leur propre startup et c’est une bonne chose : l’écosystème continue ainsi à se développer”.

Par Sophie Blitman | 

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