La fin de la récré est proche pour les centaines de cryptomonnaies en circulation (cryptoactifs, selon la définition privilégiée par la Banque de France). Les consultations actuellement menées par la Securities and Exchange Commission (SEC), le gendarme américain de la Bourse, semblent se diriger vers la définition d’un cadre légal clarifié. Selon le New York Times, l’autorité de régulation s’apprêterait à décréter que la plupart des cryptomonnaies doivent être assimilées à des titres financiers classiques. En tant que tels, elles devront se conformer à un certain nombre de règles.

Premièrement, les start-up à l’origine de ces cryptomonnaies devront fournir une documentation complète à la SEC. Si celle-ci est jugée favorablement (ce qui est loin d’être acquis pour bon de nombre de projets), elles devront être échangées sur des places de marché transparentes et encadrées, comme le Nasdaq par exemple. Pour l’instant aucune bourse traditionnelle n’autorise le trading de cryptomonnaies, à l’exception des deux places de Chicago sur lesquelles s’échangent des contrats à terme sur le Bitcoin. Une telle décision freinerait très fortement leur liquidité (et donc leur valeur).

En revanche, la quasi totalité du secteur et plusieurs stars comme Ethereum, Ripple, Cardano ou Iota subiraient de plein fouet le dispositif. Globalement, tous les actifs créés à la suite d’ICO (Inital Coin Offering, une nouvelle technique de levée de fonds via des cryptomonnaies) seraient concernés. On peut considérer que c’est logique car de nombreux entrepreneurs peu scrupuleux parviennent à lever des sommes considérables sans diluer leur capital.

Andreessen Horowitz et Union Square tenteraient néanmoins d’obtenir une « grâce » pour Ethereum, la deuxième cryptomonnaie mondiale en termes de capitalisation. En effet, celle-ci a été créée à la suite d’une ICO en 2014 mais ses défenseurs expliquent qu’elle est beaucoup plus décentralisée qu’à ses débuts. C’est vrai selon une étude publiée par l’université américaine de Cornell en janvier : Ethereum serait même mieux distribuée que Bitcoin. En revanche, l’emprise de son fondateur Vitalik Buterin ne plaide pas pour elle, tout comme le débat qui agite sa communauté actuellement : il est question d’une réforme de son système de validation des transactions sur son réseau. Celui-ci pourrait lui faire perdre en décentralisation, justement.