Ce virage marqué vers la production de véhicules électriques, associé à la production toujours plus importante de téléphones mobiles, d’ordinateurs portables et d’appareils électroniques en tous genres, contraint les fabricants à s’approvisionner davantage en minerais.

Les grosses variations de demande sur certains marchés comportent toujours des conséquences. Une grande partie des matériaux utilisés pour la fabrication de véhicules électriques proviennent de pays en développement et de régions politiquement instables. Malheureusement, les industries de ces pays ont souvent recours au travail infantile pour répondre à la forte demande. Dans de nombreuses régions de la planète, plus d’un quart des enfants travaillent, et le secteur minier n’est pas épargné. Les bénéfices de l’extraction de minerais sont souvent utilisés pour financer des groupes extrémistes ou violents, ce qui engendre des conditions encore plus pénibles pour les enfants et la main d’œuvre en général.

Ces problèmes sont complexes, et leurs solutions le sont encore plus. Il n’existe pas de remède miracle contre les maux de la société. Mais certaines technologies émergentes, comme celle de la blockchain, pourraient changer la donne. À l’avenir, elle pourrait faire partie d’une solution en plusieurs points et voicipourquoi.

La demande de véhicules électriques ne fera qu’augmenter

D’ici 2040, les véhicules électriques pourraient représenter 54 % des ventes de voitures neuves. De nombreuses personnes pensent que les véhicules électriques sont écologiques car ils n’émettent pas de gaz à effet de serre. Mais si les émissions du produit fini sont en effet nulles, il faut voir comment et à partir de quoi ce produit est fabriqué. Par exemple, la fabrication des batteries des véhicules électriques nécessite du nickel. Le minage de ce nickel est bien souvent dangereux et toxique pour les populations avoisinantes, car il pollue les rivières et empoisonne l’environnement.

Le nickel n’est pas le seul matériau utilisé qui présente des problèmes lors de son extraction. Plus de la moitié de la production mondiale de cobalt est réalisée en République Démocratique du Congo, un pays politiquement instable, où le travail infantile et les violations des droits de l’Homme sont monnaie courante. Dans des régions comme la RDC, les pressions des réglementations concernant les conditions de travail sont insuffisantes. Ce sont uniquement les consommateurs et les entreprises clientes qui peuvent faire changer les choses. Récemment, des constructeurs automobiles se sont rassemblés pour créer un consortium, afin d’éliminer ces pratiques de leurs chaînes d’approvisionnement.

Les entreprises du secteur s’allient pour obtenir des matériaux équitables

L’industrie automobile s’unie afin de répondre à tout un éventail de pressions. Parmi ces dernières, on retrouve l’inquiétude croissante des consommateurs concernant la sécurité et la durabilité des produits qu’ils achètent.

Mais c’est ainsi que fonctionne l’économie de la production. Alors que la demande en minerais explose, toutes les lacunes sur les chaînes d’approvisionnement auront des répercussions pour les constructeurs au bout du compte. Ces derniers se doivent également de se fournir en matériaux responsables afin d’assurer un approvisionnement constant qui ne serait pas soudainement interrompu à cause de l’instabilité de la région ou de la fermeture d’une mine.

Les entreprises du secteur automobile ont l’intention de s’unir et d’assainir leurs chaînes logistiques pour avoir l’assurance d’un approvisionnement adapté.

La blockchain permet de suivre la chaîne logistique en attendant le développement d’autres solutions

Dans une déclaration à The Guardian, le constructeur automobile Tesla a reconnu avoir des difficultés à tracer le nickel jusqu’à sa source, surtout à cause des innombrables intermédiaires. Il s’agit exactement du genre de problèmes que peut résoudre la blockchain.

La traçabilité d’un produit sur une chaîne logistique est justement l’application la plus prometteuse de cette nouvelle technologie. La possibilité de pouvoir garantir la provenance des matériaux n’est pas uniquement bon pour la communication de l’entreprise, car cela incite également les fournisseurs et les mines à faire évoluer leurs pratiques.

Lorsque les industriels connaîtront les pratiques de leurs fournisseurs, ils seront amenés à choisir les plus responsables, punissant ainsi les moins honnêtes.

Et nous pouvons d’ores et déjà apprécier les résultats de cette méthode. Un programme a été mis en place afin de tracer le cobalt depuis les mines de RDC jusqu’aux produits finis, qu’il s’agisse de voitures électriques ou d’appareils électroniques. Si ces entreprises arrivaient à obtenir l’adhésion des tous les acteurs de leurs chaînes logistiques, alors cette méthode pourrait garantir une production de cobalt équitable.

Cependant, ce problème doit être étudié à l’échelle internationale, et il ne pourra pas être résolu uniquement en suivant la chaîne d’approvisionnement. Cette solution peut certainement aider, mais c’est un nœud de facteurs économiques, politiques et sociétaux qui permet d’extraire des minerais dans les conditions que nous connaissons aujourd’hui. La technologie de la blockchain n’est pas un remède miracle, mais elle peut apporter un début de réponse au problème.