Source de multiples promesses pour la recherche, l’essor de l’intelligence artificielle comporte aussi des « risques » si elle est mal utilisée, a estimé vendredi Demis Hassabis, patron de DeepMind. L’entreprise est à l’origine du superprogramme informatique AlphaGo.

La possibilité d’une intelligence artificielle (IA), qui deviendrait incontrôlable, voire hostile, est une question intimement liée au développement de cette technologie amenée à jouer un rôle majeur dans les décennies à venir.

« Il y a toute une série de questions philosophiques intéressantes et difficiles (…) auxquelles nous devrons répondre », a déclaré le patron et fondateur de DeepMind, filiale de Google spécialisée dans l’IA, lors d’une séance de questions-réponses à l’issue d’une projection à l’University College de Londres d’un documentaire sur AlphaGo.

Question éthique

L’IA, a ajouté Demis Hassabis, peut être un « outil incroyable pour accélérer la recherche scientifique », et constituer l’une des technologies les plus « profitables » de l’histoire de l’humanité. Mais, comme pour toute technologie, « il y a des risques », a-t-il souligné. « Cela dépendra de la façon dont nous, en tant que société, décidons de l’utiliser », a-t-il dit.

« Je crois en l’ingéniosité humaine pour résoudre les problèmes techniques (liés à l’IA) (…) Mais un défi plus important sera de résoudre les questions éthiques », a-t-il insisté.

Demis Hassabis a assuré que cette problématique figurait parmi les priorités de DeepMind. Selon lui, l’entreprise avait mis en place des solutions concrètes pour y répondre.

Les propos de M. Hassabis font écho à ceux du célèbre astrophysicien britannique Stephen Hawking, selon qui l’intelligence artificielle sera « la meilleure, ou la pire chose jamais survenue à l’humanité ».

AlphaGo avait fait sensation en 2016 en battant Lee Se-dol, grand maître sud-coréen du jeu de go.