La troisième édition du salon dédié à la relation entre start-up et grands groupes se tiendra à Paris du 24 au 26 mai prochains. Lors d’une conférence de presse qui s’est tenue ce mercredi matin au quai d’Orsay à Paris, les organisateurs ont notamment mis l’accent sur le potentiel d’innovation de l’Afrique.

C’est devenu une habitude qui témoigne de  la proximité de l’Etat avec la Tech française . Pour annoncer ses principales nouveautés,  le salon Viva Technology (coorganisé par Publicis et Les Echos) s’est une nouvelle fois fait héberger  sous les ors de la République , au ministère de l’Europe et des Affaires étrangères, à Paris. D’ailleurs, c’est une nouvelle initiative de l’Elysée qui pourrait renforcer la popularité de l’événement puisqu’Emmanuel Macron a tenu à créer un sommet international sur la manière dont la Tech peut et doit impacter positivement la vie des citoyens. Un mini-sommet qui se tiendra le 23 mai, la veille de VivaTech, et qui cherche à rééditer  le « coup » du rassemblement de Versailles qui avait précédé celui de Davos.

100 start-up africaines présentes

Mais la principale attraction de cette troisième édition sera l’omniprésence de l’Afrique sur le salon. Une centaine de start-up africaines y seront présentes (rassemblées au sein d’Afric@tech) et déjà deux pays (Maroc et Tunisie) y tiendront un pavillon, en attendant d’autres confirmations à venir du côté des pays subsahariens. Pour les organisateurs, dont Maurice Lévy, président du conseil de surveillance de Publicis, cette donnée doit imprégner toutes les composantes de l’événement : « Il est extrêmement important de montrer qu’il y a de nombreux talents en Afrique, des innovateurs, et leur donner la possibilité de se montrer. » Avec 300 centres d’innovations recensés dans ses 54 pays, l’Afrique a tout le potentiel pour devenir l’un des prochains carrefours de l’innovation mondiale. Présente lors de cette conférence ce matin à Paris, Rebecca Enonchong, cofondatrice de la start-up AppsTech, confirmait tout son potentiel : « Nous ne nous attendions pas à une telle révolution mobile sur le continent. Toutes les projections étaient bien plus modestes que ce qui s’est réellement passé, ce qui démontre ce que nous pouvons faire sur toutes les autres formes d’innovation. La question n’est pas celle des ressources humaines, mais sur la manière de les canaliser, de les encadrer et de les soutenir. »

4 défis majeurs

Pour y parvenir, il faudra répondre à plusieurs défis, précise Grégoire Landel, également fondateur d’une start-up (CityTaps) : rendre le cadre réglementaire plus stable ; développer un réseau télécom fiable ; éduquer l’ensemble des populations, et  notamment les femmes ; flécher des capitaux vers  l’investissement en phase d’amorçage pour les jeunes pousses. Stéphane Richard, PDG d’Orange, présent lors de la table ronde consacrée à l’Afrique ce matin, souligne le rôle déterminant de la banque sur mobile qu’a pris le continent : « C’est un système nerveux qui structure l’économie et permet de développer de nouveaux usages. »

De nouvelles zones de démonstration

Au-delà de cette dimension africaine, les organisateurs de VivaTech ont annoncé quelques nouveautés pour renforcer la dimension spectaculaire et vivante de l’événement. Plusieurs zones seront dédiées à des démonstrations comme celle des combats de robots (Battlebots), des tests de véhicules autonomes (Mobility Park), ou d’équipements de réalité virtuelle (VR Park), ainsi qu’un tournoi d’e-sport. Par ailleurs, une centaine de challenges sont organisés par les partenaires qui permettront de sélectionner 1.000 start-up, le tout pour attirer un public plus international (24 % en 2017) et avec l’objectif d’arriver à la parité femmes-hommes parmi les intervenants dans les 150 conférences (35 % l’an passé).

business.lesechos.fr  Par GUILLAUME BREGERAS Le 14/02 / 2018