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Mes données sur Internet, ou le consentement prisonnier


 

Faut-il renoncer à maîtriser la circulation de nos données? Le point sur ces informations personnelles que les acteurs du marché pillent, avec notre accord.


Vous avez l’impression d’être espionné sur le Web et personne ne vous croit? Faites le test de Lightbeam sur votre ordinateur. L’application du navigateur Firefox pour internautes paranos permet de visualiser le voyage de vos informations personnelles au fur et à mesure que vous passez d’une page à l’autre, et c’est bluffant. Tentez ce qui suit. Réservez un voyage, vérifiez l’itinéraire sur Google Maps, et prévenez vos amis sur Facebook: vous vous êtes rendu sur trois sites ou applications; mais, avec ses graphes mobiles qui mangent tout l’écran en quelques minutes, Lightbeam vous montre que, en réalité, une centaine de sites partenaires et régies publicitaires sont au courant de votre visite et ont obtenu de nouvelles données sur vous, sans aucun consentement de votre part.

69 sites consultés, et 373 mis au courant. capture d’écran Lightbeam.

Surveillance massive

La quantité et la qualité de ces informations transmises malgré vous dépendent bien sûr du degré d’intrusion des sites, de ce que vous-même avez laissé comme traces sur le Web, et de ce qu’on y a dit de vous. C’est au minimum l’adresse IP de votre ordinateur bien sûr, et ce peut être aussi, selon les sites, votre géolocalisation, votre mail, vos centres d’intérêt, votre réseau d’amis, leurs informations sur vous – la palme à Facebook qui, même fermé, aspire tout.

Le trajet de votre souris sur l’écran est traqué, et indique combien de temps vous passez sur telle partie de la page web, sur tel produit – c’est cela, l’économie de l’attention. Testez donc clickclickclick.click. Cette application très ludique, créée par le site Mashable, montre comment chacun de vos mouvements sur un site est observé, analysé, et peut être ensuite utilisé dans des bases de données. Une prodigieuse mine d’informations pour les régies qui vendent du «retargeting» à leurs clients, ce marketing personnalisé qui renvoie sur les pages que vous consultez des publicités sur les produits qui ont semblé vous intéresser, comme ce canapé en cuir vert chez Ikea, cet hôtel sur Booking.com, et qui vont ressurgir au hasard de votre navigation pendant des jours.

Tout cela bien sûr sans que vous n’ayez rien demandé ou accepté. Votre sensation d’être espionné, c’est cela. La surveillance est massive et vos «données», qui ne l’ont jamais été, sont soigneusement collectées, vendues, revendues, classées, et organisées. Le prix de la gratuité.

letemps.ch


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