Nasrédine Chenoufi, 28 ans et diplômé d’un master d’électronique, est à la tête non pas d’une mais de deux entreprises. Il fait un retour sur son expérience et livre ses conseils de management.

« Avoir une start-up, c’est bien. En avoir deux, c’est de la folie », reconnaît Nasrédine Chenoufi. Ce jeune entrepreneur n’a pas froid aux yeux. Après avoir lancé en juin 2015 Wenius, un bureau d’études ferroviaires, il vient de créer en avril 2018 Webreathe, une start-up spécialisée dans la gestion intelligente des flux de personnes. « J’ai investi dans Webreathe l’argent que j’avais gagné grâce à Wenius. » L’entrepreneur avait alors deux choix : réinvestir cet argent dans Wenius ou créer une nouvelle entreprise. Il s’est rapidement décidé : « ça m’a toujours plu de développer et de créer de nouvelles choses. »

S’entourer des bonnes personnes

Le lancement de Webreathe s’est tout de même fait progressivement. Pendant un an, Nasrédine Chenoufi a embauché un stagiaire dans le service Recherche & Développement de Wenius, qui s’est ensuite transformé en une entité distincte. « La ville d’Amiens a été intéressée par notre projet, ce qui a entraîné une accélération de la production et de la réalisation. » A présent, Wenius représente une équipe de quatre et Webreathe, de six personnes. « Nous sommes tous dans le même bureau, dans le même open space. Ca permet qu’il n’y ait pas de barrières entre les deux entreprises. » Une des clés de la réussite, c’est de  s’entourer des bonnes personnes . « Mes équipes sont très investies, elles sont à 200 %. Mais leur travail est récompensé par une vraie culture d’entreprise. On fait des soirées et du sport ensemble. Et par ensemble, je veux dire Wenius et We Breathe, sans aucune distinction. » Mais la séparation entre les deux entreprises existe tout de même. « L es deux entités se jaugent un peu, surtout sur combien elles rapportent l’une et l’autre, et il peut y avoir aussi une certaine forme de jalousie sur le temps que je consacre à chacune. »

Sans regret malgré les difficultés

Même s’il est fier de son parcours, Nasrédine Chenoufi confie que ce n’est pas facile tous les jours. « Il faut vraiment être un acharné du travail. Je travaille le soir et le weekend.  Je n’ai pas pris de vacances depuis deux ans. » En étant solo-fondateur, il porte seul certains problèmes des deux entreprises. « Le soir, en fermant les yeux, je pense surtout aux problèmes financiers et au fait qu’il va falloir payer tout le monde à la fin du mois. Et en ayant deux boîtes, il y a deux fois plus de problèmes. » L’impact sur la vie personnelle est donc certain et il faut en avoir conscience avant d’entamer une telle aventure. « Avant de lancer une seconde start-up, il faut juste savoir que ce sera infernal et j’aurais presque aimé que quelqu’un me souffle de ne pas le faire », avoue-t-il. Mais malgré cela, le jeune entrepreneur ne regrette pas son choix puisque ça fonctionne. Wenius est un bureau d’études qui rapporte de l’argent, et Webreathe a déjà remporté certains concours, notamment  le concours Fundtruck Hauts-de-France. « C’est énormément de travail et de doutes, mais il faut toujours croire en ses passions », conclut-il.

Les Echos | LAETITIA LIENHARD