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La Startup française Agriloops lance un laboratoire de production de crevettes selon la méthode de l’aquaponie


La start-up Agriloops lance à Rennes un laboratoire en vue de développer des productions de crevettes selon la méthode de l’aquaponie. Elle vient de remporter la bourse de l’innovation Foodtech William Saurin. Et démarre une levée de fonds.

« Nous sommes heureux de ce prix, c’est une belle reconnaissance de l’écosystème, nous allons pouvoir accélérer notre projet ». Jérémie Cognard, co-fondateur de la start-up rennaise Agriloops, qui conçoit une ferme aquacponique en eau salée, ne boude pas son plaisir. La jeune pousse, déjà lauréate du prix Pepite tremplin (tremplin pour l’entrepreneuriat étudiant), du concours Végépolys 2017 et de la fondation AgroParisTech, a reçu cette semaine le prix de l’innovation William Saurin, prix soutenu par la French Tech de Dijon, spécialisée dans la Foodtech.

Ce premier prix de l’entreprise agroalimentaire soutient les porteurs de projets grâce à une bourse d’un montant de 20 000 euros. « Nous allons investir dans du matériel pour notre prototype et avancer sa mise en œuvre, » se réjouit Jérémie Cognard. C’est sans compter le soutient que ce gain apporte à la levée de fonds qui a démarré jeudi 8 mars sur le site d’investissement participatif Sowefund. Elle vise un montant de 500 000 euros auprès d’investisseurs privés.

 

A gauche, Jérémy Cognard, CEO d’Agriloops, et Romain Vandame, co-fondateur. | Agriloops.

Une technique innovante

Ces reconnaissances viennent conforter une innovation en matière d’acquaculture, soutenu par AgroParisTech, Agrocampus Ouest et la station Biologique de Roscoff. Agriloops développe la technique de l’Aquaponie – association d’hydroponie et aquaculture -, une solution hors sol, qui récupère les effluents des poissons, ou crevettes, en fertilisant l’eau réutilisée pour cultiver des légumes. «Nous y contrôlons la salinité, et autres éléments nutritifs à l’aide de filtres. Nous choisissons des espèces qui acceptent le sel, comme le mesclun de la mer, les salicornes ou les ficoïdes. Dans notre modèle, tout passe par l’eau. Nous avons un seul intrant, l’aliment pour les crevettes, issu de l’agriculture biologique, » explique Jérémie Cognard.

Les rejets d’effluents dans l’eau tel que l’ammoniaque sont utilisés comme fertilisants pour faire pousser les plantes. Le reste des déchets solides sont captés par des filtres et accumulé dans un méthaniseur. Actuellement cette culture est utilisée uniquement en eau douce. Agriloops prévoit de la développer à grande échelle. « Nous démarrons avec la crevette, nous produirons dans un deuxième temps d’autres espèces aquacoles. »  

La start-up compte produire en 2020 près de 20 tonnes de crevettes dans en Bretagne. | Agriloops.

Des fermes en Bretagne

Soutenue par Rennes Atalante, la start-up « envisage de produire 20 tonnes de crevettes début 2020 dans une première ferme en 2019, et démarrer une deuxième ferme dans la foulée ».  Les premières fermes de production d’Agriloops,qui n’ont pas besoin d’accès au littoral, se situeront en Bretagne. La jeune pousse a commencé à prospecter dans des zones proches des zones de consommation. « Nous voulons proposer des crevettes ultra-fraîches et limiter l’impact du Co2. »  Les fondateurs de la start-up ont déposé les technologies sous brevet afin de les protéger.

Aujourd’hui 80 % des crevettes, majoritairement traitées aux antibiotiques, sont importées d’Asie du Sud-Est et d’Amérique centrale. La Françe en consomme 120 000 tonnes par an, et se situe à  la deuxième place des pays consommateur, après l’Espagne. Avec Agriloops, Jérémie Cognard et son équipe « développe une production plus saine, sans produits phytosanitaires, et veut mettre en place une filière propre avec des transports limités ».

 


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