« Sans Laval Mayenne technopole, je n’en serais pas là », indique tout de go Fabien de Varenne. Cet ancien marin de la marine marchande salue le dynamisme de  la technopole lavalloise , fondatrice d’Idénergie , le premier accélérateur français de start-up en 2007. « J’ai bénéficié de leurs apports pour devenir un entrepreneur à partir d’une innovation. Il n’y a pas d’école pour cela ».

Avec son associé, Jean-Pierre Garnier, ce Lavallois de souche a fondé Sea Proven en 2014, un bureau d’études destiné à concevoir et développer des engins maritimes robotisés. Les premiers à voir le jour furent des drones pour le sauvetage ou la surveillance maritime. Les deux premiers sont gonflables et ont été développés en joint-venture avec Nautiraid, fabricant de kayaks, également en Mayenne. Sous l’entité DNG (Drones nautiques gonflables), les partenaires ont débuté la commercialisation de petits drones propulsés par une turbine électrique comme les hydrojets pour la récupération de naufragés.

Plusieurs mois d’autonomie

Le troisième drone conçu par Sea Proven a demandé 4 ans de R&D et 500.000 euros d’investissements. Il s’agit du premier drone marin transocéanique multimissions capable d’évoluer dans des zones inaccessibles à l’homme. Doué d’une autonomie de plusieurs mois, le Sphyrna est géostationnaire, téléopéré ou automatisé destiné à des travaux maritimes civils ou militaires de longue portée (10.000 miles) ou de longue durée : relevés sismiques, cartographie des fonds marins, étude d’impact des parcs éoliens sur la faune, surveillance d’installations offshore… Inspiré d’une pirogue, le Sphyrna est un multicoque asymétrique de 16,50 m, stable, démontable et pouvant être transporté n’importe où en conteneur, ce qui évite de longue traversée maritime à l’engin pour se rendre au point d’étude océanographique. Doté d’un moteur électrique, il peut emporter jusqu’à une tonne de charge utile, du matériel de mesure et de captage pouvant se placer sur, sous ou au-dessus de la surface. Il est équipé sur mesure selon la mission à effectuer.

A la recherche d’une mission d’intérêt générale

« Nous voulons en faire un outil d’acquisition de données pour le compte de tiers, précise Fabien de Varenne. Mais on peut aussi vendre tout ou partie des briques technologiques qui composent le Sphyrna. » Le prototype de l’engin en carbone a été présenté aux Assises de la mer au Havre en novembre dernier et n’a pas échappé à l’oeil du ministre de l’Ecologie, Nicolas Hulot. Sa commercialisation pourrait débuter en juin 2018. Pour éprouver son drone lors d’une séquence de tests, Seaproven a lancé un appel à projets « pour réaliser une mission océanographique d’intérêt général et innovante » avec une ONG et la communauté scientifique. Epaulée par bpifrance, l’Ademe, et la mission Solar Odyssey, la start-up cherche à lever un million d’eurospour lancer son projet.