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Legaltech : l’intelligence artificielle libère les cerveaux des juristes et avocats


Les startups ont désormais les métiers du droit dans leur ligne de mire. Automatisation, prédiction et aide à la collaboration, la LegalTech met l’intelligence artificielle au service du droit.

Fermez les yeux, imaginez une avocate ou un juriste. Vous voyez sûrement une personne submergée derrière ses piles de dossiers… Loin du cliché, cette image est très fidèle à la réalité de cette profession, qui a une confiance ferme dans les vertus du papier et un regard parfois sceptique sur l’apport des nouvelles technologies.

Les choses sont en train de changer. Les fonctions juridiques viennent en support à des métiers en constante mutation et qui sont déjà, pour certains, à un stade avancé de leur transformation digitale. En qualité de conseillers et d’experts, mais également de pédagogues et de garde-fous, elles n’ont par conséquent, d’autre choix que de prendre elles-mêmes le pli et d’exploiter habilement les innovations de rupture afin de renforcer leur réactivité et efficience dans un environnement au time-to-market toujours plus court et au cadre réglementaire et législatif toujours plus contraignant.

Du partage d’informations à l’aide à la décision, en passant par l’assistance dans la réalisation des tâches quotidiennes, les solutions technologiques montent progressivement en gamme afin d’accompagner la transformation des fonctions juridiques et répondre aux nouveaux enjeux de l’ère du digital.

Gagner en efficacité dans la gestion de la fonction juridique

Pour les juristes, l’utilité de ces services de la legaltech est évidente. Ils leur permettent en fait d’automatiser des tâches objectivement fastidieuses et chronophages que les juristes externalisaient jusque là auprès des cabinets d’avocats.

Dans le secteur bancaire, des technologies comme le RPA, automatisation des processus robotique, ou l’OCR, reconnaissance de caractères optiques, permettent une automatisation simple des processus tels que la préparation des reportings de pilotage de l’activité, la diffusion des informations juridiques relatives aux instruments financiers aux régulateurs et la mise à jour des systèmes internes avec les données des contrats clients.

Les startups de la legaltech françaises

Réduire les délais de mise en œuvre du dispositif

Numériser, c’est aussi gagner en compétitivité en réduisant le time to market pour mieux servir les clients. Tout l’enjeu métier consiste à passer d’une gestion de documents papier à une gestion numérisée des données. Les contrats deviennent alors des « smart documents » dématérialisés traités à partir de bases de clauses.

En combinant les technologies de machine learning, de natural language processing (technique permettant de comprendre le langage humain) et d’intelligence artificielle, la startup LawGeex permet par exemple d’assister les directions juridiques dans l’analyse, la révision et la production des contrats. Au sein du secteur bancaire, les directions juridiques ont recours à ces outils pour accélérer leur processus de négociation des contrats lors de l’entrée en relation. Au travers de l’exploitation des bases des contrats et des litiges rencontrés par un établissement, ces outils permettent d’intégrer directement aux contrats les clauses juridiques les plus pertinentes selon la qualité de la contrepartie et le risque associé.

D’autres solutions, comme Softlaw, automatisent presque en temps réel la mise à jour en masse des documents juridiques suite à un changement réglementaire pour garantir une mise en conformité toujours plus rapide et efficace.

Mieux se protéger

Les nouvelles technologies d’IA sont désormais capables – et mieux que nous – d’anticiper et d’évaluer les risques contractuels. En analysant un volume impressionnant de contrats, ces solutions peuvent détecter rapidement les anomalies existantes sur les contrats et assister les juristes dans l’évaluation des risques et la prise de décision.

Mais c’est du côté de la justice prédictive que les startups de la legaltech ouvrent un horizon tout aussi étonnant que prometteur. Des entreprises comme Prédictice proposent en effet des outils capables d’analyser les décisions de justice rendues publiques grâce à l’open data (Loi Lemaire) et d’évaluer les risques judiciaires sur un cas de contentieux spécifique, que cela soit sur la potentialité de gains ou de pertes ou le montant moyen des indemnités à payer. Les directions juridiques peuvent ainsi s’appuyer sur ces analyses pour déterminer la meilleure stratégie à adopter sur leur propre dossier de contentieux – à savoir transiger ou poursuivre devant les tribunaux compétents.

Mieux conseiller

Enfin, et pour finir, la révolution servicielle induite par les chatbots rend désormais possible la prise en charge du conseil juridique de premier niveau auprès des collaborateurs d’une organisation.

Dans le secteur bancaire par exemple, des assistants virtuels répondent de manière automatisée et en temps réel aux questions les plus fréquentes posées par les collaborateurs aux juristes, renvoient vers la documentation juridique correspondante à la question ou redirigent, en dernier recours, le collaborateur vers le bon expert juridique en niveau 2.

Le droit, comme l’expertise comptable connaît une véritable révolution. Grâce à l’intelligence artificielle et toutes les technologies qui l’entourent, les juristes et les avocats peuvent enfin faire ce qu’ils savent le mieux faire : conseiller et décider.

Par Anne-Sophie Jaubert

Manager KPMG, Advisory Services Bank

helloopenworld.com – 4 avril 2018

 


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