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Cocycler collecte et valorise les bio-déchets des restaurants


 

 

Pourquoi jeter les épluchures de légumes et le marc de café dans la benne à déchets ménagers alors que ces derniers peuvent servir à produire un compost utile aux jardiniers ?

Dans le centre-ville d’Angers la startup Cocycler récupère, avec l’aide d’une entreprise de coursiers à vélo, les déchets biodégradables des restaurants pour les acheminer vers une structure de transformation. 19 restaurants et structures écoresponsables adhèrent à l’initiative.

C’est en voyant les cartons des commerces de détail abandonnés sur les trottoirs en attendant la collecte par les camions de ramassage de déchets que nous avons eu l’idée de créer Cocycler », explique Claire Petreault, chargée de développement et de communication chez Cocycler, startup fondée par Taoufik Limami, un ingénieur de l’Ecole des Mines de Nancy, ayant plusieurs expériences dans la gestion des déchets. « Nous nous sommes surtout intéressés aux ressources réutilisables et notamment aux épluchures de légumes et au marc de café, lesquels peuvent servir à la fabrication d’un bon compost ».

L’idée n’est pas nouvelle en France, plusieurs structures de collecte de déchets alimentaires bio-dégradables se sont créées dans des villes comme Paris, Bordeaux, Nantes… Même les grosses structures de collecte et de traitement de déchets s’y intéressent de près. D’autant plus que le Ministère de la Transition Écologique et Solidaire demande à chaque collectivité « d’étudier et d’identifier les solutions les plus pertinentes pour trier les déchets alimentaires à la source et s’assurer que ceux-ci pourront être valorisés et non mis en décharge, d’ici à 2025 ».

L’idée de Cocycler est d’autant plus pertinente qu’elle permet de traiter les petites quantités, celles des restaurants de centre-ville, lesquelles n’intéresseront pas les entreprises de collecte et de traitement de déchets. La particularité de la jeune pousse angevine réside dans le fait qu’elle n’a pas investi dans la logistique, préférant la confier, selon le principe de l’économie collaborative et circulaire, à des entreprises tierces. Chacun y trouve alors sont compte, dans son champ de compétence. Les triporteurs angevins K’liveo, société de coursiers à vélo, assure le ramassage et la société Anjou Biomasse Energies, la valorisation des déchets. Cette dernière fabrique actuellement du compost pour la culture du miscanthus, une plante utilisée dans les chaufferies écoresponsables. Cette entreprise envisage également de préparer du compost pour les jardiniers.

«  Ça me fend toujours le cœur de jeter des déchets qui peuvent servir à autre chose »

L’entreprise met a disposition des bacs de 25 ou 60 litres dans les restaurants intéressés, dans lesquels sont vidés les bio-déchets. K’liveo se charge de récupérer les bacs en faisant ses tournées. « En une semaine nous récupérons 300 kg de déchets », souligne Claire Petreault. La startup a lancé, depuis février, une expérimentation de trois mois et les restaurants, – la plupart ayant déjà la fibre écoresponsable -, « sont plutôt satisfaits ».

« Je suis convaincue que l’on répond à un besoin. Pour ma part ça me fend toujours le cœur de jeter des déchets qui peuvent servir à autre chose », confirme Claire Petreault, adepte du non gaspillage et de la réduction des déchets alimentaires. « Dans le monde, le tiers des aliments destinés à la consommation humaine est gaspillé. En France, on estime que  près de 10 millions de tonnes de nourriture consommable sont jetées chaque année », affirme l‘Ademe, structure qui soutient l’initiative.

Soutenue également par la Ville d’Angers, la jeune entreprise était l’une des lauréates de l’opération Renard 2017, un dispositif d’accompagnement et d’accélération d’entreprises porté par Angers Technopole. Si Cocycler a réussi a obtenir 20 000 € pour se lancer dans l’aventure, reste à pérenniser le modèle économique. Et pour cela la jeune entreprise à sa petite idée.

« La collecte des bio-déchets coûte de l’argent à la collectivité. Nous assurons ce service mais il faudrait qu’il soit plus incitatif avec par exemple une tarification au poids  », soutient Claire Petreault « Nous travaillons sur ce sujet avec la Ville d’Angers, ville verte, laquelle pourrait être l’une des premières villes de France à gérer, avec nous, ses bio-déchets ». La collectivité deviendrait alors le premier client de la startup laquelle envisage également de faire participer financièrement les restaurateurs et d’y ajouter les particuliers. Tout en s’intéressant fortement au déchets alimentaires, Cocycler n’a pas abandonné l’idée de gérer les cartons, notamment pour les commerçants du centre-ville. L’idée pourrait également être exportée vers d’autres villes.

Les structures partenaires à Angers : Au Goût du Jour, Autour d’un Cep, Brasserie de la Gare, Café Cardinal, Café des Orfèvres, Casa Corneille, Favre d’Anne, French Coffee Shop, Le BDC, Le Potajean, Le Relais, Les Saveurs du Primeur, Mémé dans les Orties, Opticien Blanvillain, Pick Eat, Pomme de pain, Same same, Une fille et des quilles, VF.

Rédigé par  le Vendredi 30 Mars 2018

Pour en savoir plus : http://www.cocycler.com/ 



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