Pour ceux qui débarquent gare du Midi, à Bruxelles, ou à Brussels Airport, un nouveau loueur s’ajoute, Virtuo, pour rouler quelques jours. Il n’a pas de comptoirs, les clients utilisent une application. Ils peuvent aussi le faire dans les villes où Virtuo est installé en France, notamment à Lyon (gares), Lille, Paris (10 stations), Nice (aéroport), Avignon (gare) ou Bordeaux. A partir de 49 euros par jour, un tarif variable selon la demande.

Location purement digitale

Virtuo entre dans un marché déjà fort couvert avec les Avis, Europcar, Sixt et autres Thrifty installés dans les aéroports et des gares. Il espère se faire une place au soleil et parle de  » réinventer  » le métier. Un grand mot pour désigner un processus purement digital.

Virtuo n’a pas besoin de disposer de comptoirs et de personnel aux destinations, tout se passe avec une appli (pour iPhone/iPad ou smartphone Android) : l’inscription au service, la réservation, l’ouverture de la voiture et sa remise en fin de parcours. Le client ne doit parler à personne.  » L’inscription demande en moyenne deux heures  » dit Thibault Chassagne, cofondateur de Virtuo (à droite sur la photo), qui parle d’un coût moyen de 50 euros par jour. A la gare du Midi, à Bruxelles, ou à l’aéroport, le client va directement chercher l’auto dans un parking.

A quoi servent vraiment les comptoirs ?

La vraie nouveauté est la fin du comptoir, donc de la file d’attente.  » En fait le comptoir sert surtout à vendre des options comme des assurances, le droit d’avoir plusieurs conducteurs  » dit Thibault Chassagne.  » Le business model de la location traditionnelle est d’attirer le client avec un tarif bas et de vendre le plus d’options possible au comptoir pour faire la marge. Impossible alors de se passer de cette étape. » Virtuo pratique aussi les options, de manière plus limitée (jusqu’à 3 conducteurs sans supplément).

Pour avoir une franchise réduite (350 euros au lieu de 1350 euros), cela coûte 15 euros par jour, 26 euros pour éliminer la franchise. Mais tout se règle dans l’application. Idem pour l’état des lieux.

Même processus que Zipcar ou DriveNow, mais utilisation différente

La voiture réservée par smartphone n’est pas un concept nouveau pour les Bruxellois. Les services de voitures partagées Zipcar et DriveNow recourent aussi aux applications pour l’ensemble du processus d’inscription, de réservation et d’ouverture du véhicule (Cambio devrait aussi suivre). La nouveauté est que Virtuo étend l’approche à la location court terme, de plusieurs jours. « Nos clients utilisent nos voitures en moyenne pendant 4 jours, et roulent 300 km  » continue Thibault Chassagne.

Une voiture partagée de type DriveNow est plutôt utilisée pendant une demi-heure et facturée à la minute, pour un petit parcours. Les services sont complémentaires.  » La grande différence avec Virtuo est que la voiture est nettoyée entre chaque location  » précise Thibault Chassagne. Un prestataire se charge de ce travail.

L’autre différence est qu’une voiture DriveNow ou Zipcar peut être laissée à destination, la Virtuo, elle, doit revenir au point de départ. D’autres options sont en gestation. La location à la journée d’une Zipcar ou d’une DrivNow est en principe plus chère que Virtuo (respectivement 69 et 109 euros, tarifs 24h), mais il faut voir au cas par cas, selon le kilométrage envisagé et le tarif effectif de Virtuo selon le cas.

La flotte de Virtuo compte maintenant 350 voitures, des Mercedes Classe A ou GLA, automatiques. Bruxelles ne compte encore que 25 voitures, l’offre évoluera avec la demande. La clientèle en Belgique ? Surtout des étrangers, mais pas seulement.  » A Bruxelles Midi nous avons 50% de clients étrangers, 50% de clients habitant en Belgique. « .

Des fondateurs récidivistes

Thibaut Chassagne n’en est pas à sa première start up. Il avait créé en 2010 Neowebcar avec son associé Karim Kaddoura, qui est aussi actif dans Virtuo (à gauche sur la photo).

Neowebcar était une plateforme d’information sur les stocks d’autos disponibles chez plus de 1000 concessionnaires, pour les acheteurs pressés. La société a été vendue au journal l’Argus en 2015. Le tandem a aussitôt lancé Virtuo, avec une levée de fonds de 1,7 million d’euros. Qui a été complétée fin 2017 par une nouvelle levée de 7,5 millions d’euros, souscrite surtout par le fonds britannique Balderton Capital, créé par Bernard Liautaux, le fondateur de Business Objects.

Ces moyens nouveaux servent à financer les développements internationaux. Virtuo compte à court terme aller à Londres et sans doute en Suisse. La Belgique est le premier pas hors de l’Hexagone.

Robert van Apeldoorn

06/03/18