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Sénégal : MusikBi réunit les acteurs de l’industrie musicale pour faire évoluer un secteur sinistré


 

MusikBi, premier site africain de téléchargement légal de musique en Afrique francophone, a sollicité les acteurs de l’industrie musicale au Sénégal pour débattre des problèmes et enjeux du secteur. De nombreux freins empêchent la musique sénégalaise – ses producteurs, promoteurs, distributeurs – de se développer, notamment les opérateurs téléphoniques et l’impunité des pirates.
A l’occasion de ses deux ans d’existence, MusikBi, premier site africain de téléchargement légal de musique en Afrique francophone, a souhaité débattre des problèmes et enjeux de l’industrie musicale au Sénégal plutôt que de célébrer de manière festive son anniversaire.

En effet, les promoteurs de la plateforme avaient conscience que le contexte n’est pas des plus réjouissants. Et, après avoir lancé MusikBi en 2016 afin, notamment, de lutter contre la piraterie, offrir aux artistes une juste rétribution de leur travail et aux mélomanes un outil adapté aux réalités africaines, il leur semblait important de faire le bilan et aller plus loin. Ainsi, ils ont invité, le 27 février, les principaux acteurs de l’industrie de la musique au Sénégal à un atelier de réflexion et de propositions. Producteurs, artistes, promoteurs, distributeurs, ainsi que le ministère de la Culture et la Société sénégalaise du droit d’auteur et des droits voisins (SODAV) se sont réunis à Dakar pour dresser un état des lieux du secteur, identifier et débattre des problèmes et enjeux, et surtout tenter de trouver des solutions et faire des propositions. Près d’une cinquantaine de personnes étaient présentes et les échanges ont été très riches. L’ARTP, invitée, ne s’est pas fait représenter.

Parmi les nombreux sujets abordés, certains ont été jugés très préoccupants : le partage des revenus entre les artistes et plateformes numériques d’un côté et les opérateurs téléphoniques de l’autre. En effet, aujourd’hui les trois opérateurs au Sénégal s’accaparent 30 à 70% du prix de vente d’une œuvre vendue via leur réseau (c’était 10% en 2012) alors qu’ils ne font que transmettre un SMS, sans aucune valeur ajoutée, voire 75 à 80% pour les « ring tones » (sonneries de téléphones) ! Les artistes et plateformes numériques se partagent le reste. L’ARTP, déjà interpelée de nombreuses fois, ne semble pas réagir. Autre problème, la lutte contre la piraterie. Aujourd’hui, selon les participants, elle semble « légalisée ». Les CD continuent d’être vendus dans la rue en toute impunité. Ont également été abordés : la professionnalisation, la formation et la mise à niveau – notamment dans le domaine du numérique, la fiscalité, la promotion, etc.

S’unir pour faire avancer les choses

Au-delà du constat, des pistes ont été avancées : structurer le secteur et pour cela répertorier les différents métiers et travailler sur les statuts car aucune réglementation n’existe dans le secteur, et proposer une fiscalité adaptée. Autant de solutions qui devront permettre aux différents acteurs de l’industrie musicale de pouvoir vivre de leur métier et de développer la culture au Sénégal et au-delà. Le ministère de la Culture s’est d’ores et déjà engagé à travailler sur la mise en place d’une licence d’organisateur de spectacle. Mais la principale conclusion de l’atelier a été de s’unir pour faire avancer les choses. Ainsi, il a été décidé de se réunir tous les trois mois pour établir des propositions précises et en assurer le suivi et la mise en œuvre. Pour mémoire, MusikBi est le premier site de téléchargement légal de musique en Afrique francophone. Il a été lancé il y a deux ans. Son lancement a été un événement marquant pour la culture au Sénégal et en Afrique. En effet, grâce à MusikBi, les œuvres sont enfin vendues légalement et les artistes bénéficient d’une juste rétribution de leur art, inédite dans ce domaine. Le site a pour ambition de promouvoir les artistes africains et de participer à la lutte contre la piraterie musicale, si néfaste pour les artistes en Afrique.

Les artistes ont largement adopté la solution : à ce jour, plus de 3 000 titres de 800 artistes sont disponibles sur la plateforme. Parmi eux, on compte aussi bien des stars, comme Coumba Gawlo Seck, Dugg E Tee, Yoro Ndiaye, Carlou-D, Tikken Jah Fakoly, Youssou Ndour, Akon… que des artistes moins connus. Créé par des Sénégalais pour les artistes et mélomanes en Afrique, cette innovation démontre les compétences des développeurs au Sénégal. MusikBi.com permet de télécharger simplement et légalement des titres ou des albums via SMS et de pouvoir ensuite les écouter où et quand on le veut. Il se distingue en cela des nombreux sites de streaming. Grâce à Paypal et d’autres moyens de paiement, ses services sont aussi accessibles à la diaspora. Compte tenu de sa technologie et de sa philosophie, la plateforme a attiré l’attention d’Akon, l’artiste international, américano-sénégalais, qui s’est engagé dans le projet. MusikBi avait été lancée en février 2016 dans un contexte déjà difficile pour les artistes africains. Beaucoup d’entre eux ne vivent pas bien de leurs œuvres, ne vendent que très peu de CD, en raison du piratage. Les artistes en sont réduits à ne vivre que des concerts et d’autres prestations, les revenus des sites de streaming n’étant pas particulièrement avantageux pour eux. Grâce à MusikBi les artistes africains maîtrisent mieux la distribution et ils bénéficient de nombreux services par ailleurs.

A propos de MusikBi et de SOLID

MusikBi est une startup basée à Dakar et développée par SOLID, une PME sénégalaise innovante, reconnue pour son expertise dans le domaine des solutions informatiques. La plateforme est hébergée sur Microsoft Azure. . Contacts médias : Moustapha Diop, Directeur de SOLID et administrateur de MusikBi : mdiop@solid-afrique.com ; (+221) 77 639 95 65. Fabrice Marrel, Africaine de Conseils et de Communication (ACC) : fmarrel@acc-communication.com ; (+221) 77 669 80 61.

 AfriKom JEUDI 1ER MARS 2018 


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